Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 12:05

Avant de quitter Fruita pour se rapprocher de Denver, une petite session s'impose au Kokopelli Trail System, un ensemble de single-tracks entre l'autoroute et le fleuve Colorado, à une douzaine de kilomètres de Fruita.

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Le fleuve Colorado n'est pas loin :


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 Le Hot Tomato Cafe :

 

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Du pain à l'ail et au fromage en entrée (avant la pizza taille XL !) :

 

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On the road again

 

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Vail, station de ski huppée du Colorado :

 

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Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 00:15
Voici le motel où nous séjournons à Fruita, le Balanced Rock Motel. La plus grande chambre à ce jour, 3 grands lits pour le prix d'une chambre double ! Sur le parking, un emplacement est prévu pour laver les vélos.
Le motel est tenu par une famille de Polonais trés sympas, arrivés aux USA après la chute du mur de Berlin. C'est la 2ème fois que nous logeons au Colorado dans un motel géré par des Polonais, il doit y avoir une filière !




Malgré la crême solaire, Cédric s'est pris un méchant coup de soleil !




Juste à côté du motel, notre cantine : une petite gargotte qui sert de succulents cheese-burgers.




La preuve en image :




Les Book Cliffs nous attendent, il suffit de monter par ce large chemin pendant 10-15 minutes pour arriver au départ des principaux circuits.




Les chemins sont toujours bien indiqués, il suffit de suivre les flèches.




Un petit Joe's Ridge pour s'échauffer, je l'adore celui-là, je pourrais le faire en boucle toute la journée !




Parfois, les mots sont inutiles...




Pour faire plaisir à Eric K., qui exigeait une photo avec le maillot du club ;-). Je lance trés officieusement le concours du maillot porté dans les coins les plus exotiques, à qui le tour ?




Dans la continuité de Joe's Ridge, Kessel Run nous tend son single-track tout en virages à vous donner le tourni :




J'ai la musique du clip de Pete Fagerlin dans la tête, c'est un rêve qui s'accomplit. Les virages à l'angle parfaitement calculé se succèdent, parsemés de petits sauts et de relances pour conserver la vitesse.




C'est tellement bon qu'on se refait la paire Joe's Ridge / Kessel Run dans la foulée, avant d'attaquer le mordeau de choix, le non moins fameux Zippety Do Da.




Voici le début de Zippety, ça a l'air tranquille pour l'instant.




L'un des mots d'ordre de Fruita, "Keep singletracks single", conserver l'étroitesse des chemins (ça claque moins en français) est plutôt bien respecté. Heureusement, car c'est un ingrédient essentiel du plaisir de pilotage.




Mouais, pas toujours trés clairs leurs fléchages ;-)




Mais on s'y retrouve quand même. Nous voici sur une portion réservée aux experts. 2 losanges, cela indique les chemins les plus difficiles dans le coin. Cédric vérifie son testament, je baisse ma selle et c'est parti !




Un peu de ridge-riding pour commencer, sous la surveillance d'un charognard qui attend ses victimes.




Comme d'habitude, les photos ne rendent pas justice. Autant vous dire qu'il vaut mieux rester sur le chemin, sous peine de dévaler sur la caillasse jusqu'en bas...




Je veux y retourner !




Parfois, il faut oublier les freins afin de prendre suffisamment d'élan pour monter sans peine la côte qui suit. Facile à dire, mais pas évident quand la rampe de lancement est quasiment verticale (j'exagère à peine).




C'est décidé, j'y retourne !




Certains passages sont impressionnants vus de loin, mais une fois dessus, l'appréhension cède au bonheur de rouler sur les crêtes.




Voici un exemple de rampe de lancement plutôt raide. Oui, ça se passe en descente, car en montée, même à pied, c'est la gamelle assurée. Ceux qui connaissent le parcours prennent un maximum de vitesse pour décoller sur une bosse en virage située juste derrière la prise de vue. Beaucoup de photos de magazines sont prises à cet endroit, c'est trés spectaculaire ! Moi, je me contente d'un petit saut de 10-20 centimètres, ben oui, j'ai freiné avant la bosse ;-)




Pour les poules mouillées, les américains ont réalisé des "chicken drives" que nous évitons fièrement,
impossible n'est pas français ! Ce sont des contournements des passages les plus difficiles, qui rejoignent plus loin le chemin principal, comme ici : 




Zippety Do Da fait assurément partie des parcours à ne pas manquer si vous passez dans le coin.




Pour finir cette super journée de VTT, nous allons sur Chutes and Ladders, les chutes et les échelles, une succession de tobogans, comme son nom l'indique. C'est un parcours assez physique dans sa 1ère partie, puis trés rapide sur la fin.




Ca commence par une belle montée en lacets, on se concentre avant de l'attaquer...




Cédric fait son boulet et casse sa chaîne ! Il a trop forcé dans la montée... Vous ne verrez pas la suite du parcours, car le temps de réparer, il fera trop sombre pour les photos. D'ailleurs, on arrivera au parking à 21 heures, le soleil venant juste de se coucher.




Cette photo a été prise ailleurs sur le site, mais elle donne une idée de la fin de Chutes and Ladders, de grandes lignes droites parsemées de courbes légères et quelques sauts, que l'on descend à fond sur la plaque, en poussant des cris de joie, sans se rendre compte que nous sommes en train de nous perdre dans cette plaine immense, le parking étant invisible dans l'obscurité. Heureusement, le GPS nous ramènera à bon port. Après ces émotions, nous partons en quête de nourriture.




La journée se finit comme elle a commencé ;-). Le Hot Tomato Cafe était fermé depuis longtemps, ça nous a surpris, Cédric se rabat sur un Triple Whopper with Cheese à se décrocher la mâchoire, et 1 litre de coca pour faire descendre le tout ! En France, on ne trouve que des Doubles, il fallait bien tester.



Demain matin, nous irons rouler sur le Kokopelli Trail System, un site à 10-12 km de Fruita, au bord du fleuve Colorado. Puis, il sera temps de reprendre la route et de se rapprocher de Denver, avec une dernière étape à Boulder.
Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 22:00

Allez, on ne s'en lasse pas, une séance dopage avec Cédric qui devient fou devant un cheese-burger "maison", le steak croustillant à l'extérieur, tendre à l'intérieur, le meilleur souvenir culinaire de ce voyage dans le domaine des hamburgers.




Fruita, 10.000 habitants environ, semble aimer le vélo...




Les voitures de police ont de l'allure, c'est autre chose qu'une Clio ;-)




Cours après moi shérif !




Mais revenons à nos moutons, nous retrouvons LE bike-shop de Fruita, celui par lequel le mythe de Fruita a commencé, Over The Edge Sports. Ouvert en 1995 par Troy Rarick et sa femme Sarah, ils se sont mis à créer des single-tracks avec l'aide de quelques passionnés, en espérant capter une partie des vététistes de Denver qui passaient par là en se rendant à Moab, déja réputée à l'époque. Ils ont réussi au-delà de leurs espérances puisque des cyclistes débarquent aujourd'hui du monde entier pour rouler sur leurs traces.




A l'intérieur, de quoi dépenser ses euros, surtout que le taux de change s'améliore en notre faveur chaque jour (1,50 $ pour 1 € en moyenne). Cédric regarde les chaussettes, je sens qu'il va enrichir sa collection ;-).




L'autre partie de la boutique :




Au fond, l'atelier d'entretien, la jeune femme en t-shirt bleue n'est autre que Sarah Rarick, la propriétaire. Le magasin est ouvert 7 jours sur 7, de 9h à 18h ! Trés sympa, le caissier nous propose de les rejoindre à la fermeture pour un shop-ride dans les Bookcliffs. Ca tombe bien, on comptait y aller, donc rendez-vous à la boutique à 18h.




Du beau matos dans cette boutique, comme cet Ibis Mojo carbone, 140 mm de débattement pour un poids de 11 kilos, je crois.




Juste en face du bike-shop se trouve le Hot Tomato Cafe, appartenant à Anne et Jen. Anne est la corédactrice avec Troy et Sarah Rarick du guide "Fruita Fat Tire". C'est elle notamment qui a dessiné la plupart des plans. Elle est venue de Seattle s'installer à Fruita il y a 5 ans, et a travaillé 3 ans à Over The Edge Sports avant de saisir l'opportunité d'ouvrir ce caffé-pizzéria. C'est avant tout une photographe, et plusieurs de ses oeuvres décorent les murs du café.




En attendant le rendez-vous, nous partons en éclaireurs vers les Bookcliffs. Le site s'appelle également "Eighteen Road", du nom de la route qui y mène.




C'est suffisament loin de Fruita (20 kilomètres environ) pour s'y rendre en voiture. Pourtant, de Fruita, on voyait nettement ces petites montagnes ressemblant à des rangées de livres, elles semblaient toutes proches ! Ah, les grands espaces...




Sur place, les infrastructures habituelles, panneaux d'affichage avec cartes, toilettes sèches, parking spacieux, rien ne manque. Ca casse un peu le mythe du Far West, mais au moins on ne trouve pas de papier hygiénique partout.




Depuis le parking, des single-tracks partent dans tous les sens !




Entre ces 2 photos, le temps s'est un peu assombri. Normal, une bonne sieste les sépare ;-) ! Il faisait trop chaud pour rouler, autant récupérer pour être en forme au moment du rendez-vous avec les américains.




Nous voici donc de retour sur le parking des Bookcliffs, en compagnie du personnel du magasin Over The Edge Sports et d'autres clients comme nous.




Le VTT est érigé par certains passionnés au niveau d'un art de vivre, c'est leur "lifestyle", et ils y mettent les moyens !




Regardez bien ce tandem, il a quelque chose de spécial. Son propriétaire l'a bricolé afin d'emmener avec lui son fils qui doit avoir 7-8 ans, il a ajouté un renvoi de pédalier pour ses petites jambes !




Un des employés du magasin, sur un single-speed 29 pouces, à la mode aux Etats-Unis en ce moment. A mon avis, il faut avoir de sacrés cuisses pour rouler là-dessus, surtout dans les côtes.




Une petite pause après la montée par Prime Cut, qui permet d'accéder aux autres circuits. Certaines familles sont venues au grand complet, même le toutou suit, c'est vraiment sympathique.




Ici, c'est le départ du single-track "Chutes and Ladder", une côte bien pentue en lacets, que tente le single-speeder 29er. Il échouera pas loin du but, chapeau quand même. En haut, le fils de Troy et Sarah vient de la réussir pour la 1ère fois, il a une quinzaine d'année et sa mère est trés fière de lui ;-). Son père Troy ne roule pas, il a un pied dans le plâtre, mais on devrait le voir plus tard dans la soirée.




Le père amène son fiston partout, il tente aussi la montée mais ça ne passera pas.




Nous ne roulerons pas beaucoup aujourd'hui, les américains s'arrêtent au bout d'une descente seulement (Joe's Ridge) et commencent à déballer le matériel de pique-nique et les victuailles. Nous sommes invités à partager ce moment de convivialité avec eux. Tout est prévu sur place pour pique-niquer : des tables en bois, des foyers pour le barbecue, il n'y a plus qu'à amener la nourriture. Et les américains ne plaisantent pas avec ça : la table se couvre rapidement de glacières énormes contenant boissons, viande, filets de poulets, et d'énormes barquettes de fraises qui servent d'entrées !




Voici enfin Troy Rarick, le pied dans le plâtre après avoir sauté par-dessus le dernier barbecue ;-). Lui et sa femme possèdent 3 affaires, leur boutique de vélo est devenue une référence, au point de donner son nom à 2 autres magasins dont un en Australie, mais ils sont restés simples et abordables, et surtout,  ils gardent la même passion pour le mountain-bike.




Les nuits sont fraîches dans le désert, et une américaine aura pitié de Cédric dans son maillot à manches courtes, elle lui attache une couverture au cou ;-).

 

Après cette journée au top question convivialité, nous nous promettons de revenir aux Bookcliffs le lendemain pour tester d'autres single-tracks célèbres, et se refaire encore une fois (ou deux) Joe's Ridge, un single qui approche la perfection. D'ailleurs, c'était tellement bon que je n'ai même pas pensé à m'arrêter pour prendre une photo... Je me rattraperai demain, promis !

Par Alex - Publié dans : Journal de bord
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 15:30
Un peu de tourisme aujourd'hui, nous partons visiter le parc national des Arches, qui se trouve au nord de Moab, juste après avoir traversé le fleuve Colorado.
Ci-dessous notre motel à Moab, le Rustic Inn, idéalement situé près du centre, et possédant de grandes chambres climatisées récemment rénovées pour la plupart.
Encore une tempête de ciel bleu, ne surtout pas oublier les lunettes de soleil, la casquette et l'eau, car nous allons visiter le parc au moment le plus chaud de la journée...




Nous voici dans le parc, le soleil est au zénith, il fait trés chaud !
Moab et ses environs ont  souvent servi de décors naturels pour les tournages de westerns, ou de films plus récents, comme Thelma et Louise, ou Indiana Jones et la dernière croisade. Là, nous somme dans Park Avenue, sur les traces d'un film tourné en 1960.




Photo tirée du livre "The Moab story, from cowpokes to bike spokes", de Tom McCourt.




Toujours dans Park Avenue.




Là, je crois bien que ce sont les 3 commères, "the 3 gossips".




Une mini-arche en formation, plus que quelques millions d'années avant qu'elle ait l'air d'une grande.




Comme celle-ci par exemple ! Regardez les promeneurs en-dessous pour vous donner une idée de sa taille.

































Cette partie est appelée "the windows", les fenêtres. Un chemin en fait le tour en 20-30 minutes selon le nombre de photos que l'on prend.




Voici la fameuse croûte cryptobiotique, dont tous les guides touristiques parlent et sur laquelle il faut absolument éviter de marcher. Malgré son apparence, ce sont de minuscules organismes vivants qui conservent l'humidité dans les climats désertiques, permettant ainsi à la végétation de se développer. Elle offre aussi une couche protectrice contre l'érosion, mais un seul pas peut la détruire, et il lui faudra plusieurs dizaines d'années avant de se reconstituer ! Respectueusement, nous restons bien sur le chemin...




En plein désert, sous une chaleur accablante, la nature nous réserve de belles surprises.




Cette cabane de rondins que l'on dirait pétrifiés est considérée ici comme un monument historique, elle est en effet inscrite au National Register of Historic Places. C'est le "ranch" de la famille Wolfe, qui s'installa ici en 1898 grâce au Homestead Act, loi de 1862 qui attribuait gratuitement des terres aux fermiers et colons lancés dans la conquête de l'Ouest.
Grâce au cours d'eau qui coûle à côté, ils pourront y élever un peu de bétail pour subsister quelques années, avant de rejoindre leur contrée d'origine, l'Ohio.
C'est de là que part le chemin menant à Delicate Arch, notre objectif principal de la journée.




Le cours d'eau dont je vous parlais, dénommé le Salt Wash. A priori, il doit être sujet aux redoutables "flash floods", les inondations subites, provoquées par des orages parfois lointains. En effet, la route du parking est coupée par des aménagements en béton pour faciliter l'écoulement des eaux, et des panneaux recommandent de ne pas les traverser en cas de météo orageuse. On ne dirait pas comme ça...




Nous démarrons la randonnée vers Delicate Arch. Plus on monte, plus le vent souffle et nous assèche sur place. On y va tranquille, pas à pas. On comprend mieux pourquoi les rangers recommande cette rando tôt le matin ou tard le soir... Il n'y a pas un seul coin à l'ombre !!!




Au bout de ce chemin taillé dans la roche et qui donne le vertige, se cache l'Arche délicate. Elle n'apparaît dans toute sa splendeur qu'au dernier moment, comme une récompense après cette marche éprouvante sous le cagnard.




On ne le sait pas encore, mais l'Arche nous attend derrière ce dernier virage...




C'est la deuxième fois que je la vois, puisque j'avais déja visité ce parc en 1991, je ne m'en lasse pas ;-)




Au fond, on aperçoit la montagne de La Sal et ses sommets enneigés.
Ici, le vent souffle trés fort, au point que le simple fait de parler face au vent est presque impossible, ça nous coupe le souffle (au propre et au figuré !).




Nous voulons profiter des paysages entre Moab et Fruita, alors nous reprenons la route vers 15h. Le début est tout simplement époustouflant, le long du fleuve Colorado, dans un canyon.




A droite, la route qui mène à Castle Valley, que nous avions admirée la veille depuis le Porcupine Rim.




C'est rude mais beau !




Une ville fantôme ? Pourtant, des gens semblent y vivre encore, il y a des voitures récentes. Sur cette maison en ruines, on peut lire "private property no trespassing" (propriété privée défense d'entrer). Pour faire quoi ??




Rien de particulier autour, pas de champ, pas de montagne, pas de troupeau, on se demande bien ce que les gens sont venus faire ici ?



Le soir, nous arrivons sans encombre à Fruita, la terre promise ! Nous repérons le magasin de vélos où tout a commencé, "Over The Edge Sports", fermé à cette heure-ci mais que je me promet de dévaliser le lendemain. En attendant, nous sortons les guides et les cartes pour préparer la journée de demain, les noms des single-tracks filmés par Pete Fagerlin et d'autres résonnent dans ma tête toute la nuit : Joe's Ridge, Kessel Run, Chutes and Ladders, Zippety Doh Dah... Vivement demain !
Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 20:00

Une journée qui commence tôt, nous avons rendez-vous avec Cooper à 8h00 devant un magasin de vélos, pour prendre la navette qui nous amènera au départ de l'UPS, Upper Porcupine Singletrack, à 3000 mètres d'altitude. Nous sommes les premiers à nous installer dans le combi VW rallongé (tout est plus grand aux USA...) de Coyote Shuttle, qui ramassera 13 vététistes au total, en s'arrêtant à 3 bike-shops. Oui, vous avez bien lu, ce combi va transporter 13 personnes et leurs vélos, soit une charge d'environ 1200 kilos !!! Sur la fin du parcours, le bitume cèdera la place à la terre, les suspensions et le chassis vont souffrir !

 


Petit-déjeuner sur le pouce ce matin, un donut pour Cooper, des cookies pour Cédric, ça risque de faire un peu léger pour la journée, heureusement que le circuit est à profil descendant.




3ème et dernier arrêt avant de rejoindre le trailhead, le combi fait le plein de vététistes.




Ambiance détendue à l'intérieur même si ceux qui ont des vélos et des tenues de cross-country se demandent s'ils n'ont pas fait une erreur en voyant les gros vélos et les protections de certains. Il y a une bonne proportion de filles : 5 sur 13, et pas avec des vélos à 2 balles !




Celle-ci notamment, ne vient pas pour faire de la figuration : casque intégral, genouillères, coudières, dorsale, ça sent la guerrière !




Le combi surchargé double à grand peine un routeux en danseuse :




Nous voici arrivés au point de départ, les sommets enneigés ne sont pas bien loins. Le massif de La Sal fut nommé ainsi par les explorateurs espagnols, persuadés que cette blancheur sur les sommets ne pouvait provenir que du sel, dans une région aussi chaude. Nous n'avons pas si chaud que ça avec nos maillots à manches courtes, il fait 10° C...




Notre cow-boy de chauffeur nous donne les derniers conseils avant de nous laisser partir. Il va pouvoir se reposer le restant de la journée, à 20 dollars par personne c'est un business trés rentable !




Après une petite montée bien raide qui va me couper le souffle et me réchauffer, la descente commence enfin, par des zig-zags trés rapides, parsemés de petits tremplins. On baisse la selle et on attaque ! En contrebas sur la droite, on aperçoit la Castle Valley.




"Allez Cédric, lâche les freins !"




Les 2 filles équipées de protections sont déja loin devant, nous ne les reverrons plus. Le groupe comprend encore 2 jeunes filles de Salt Lake City et une institutrice du Texas, qui roulent fort bien.




Cédric s'inquiète pour son pneu... Ce sera la journée des crevaisons, une pour moi par pincement contre un rocher (la crevaison du bourrin), 2 pour Cédric. Ca fera 2 partout avec celle du Slick Rock. Le panneau "Kokopelli" nous indique que nous sommes sur le fameux Kokopelli Trail, qui rejoint Moab depuis Fruita, uniquement par des sentiers et chemins de terre. A faire sur une semaine environ. Après avoir passé les montagnes de Manti La Sal, ce circuit récupère le Porcupine Rim pour arriver à Moab.

 


Le chemin est bien marqué par les passages répétitifs de vététistes, pas de problème pour s'orienter.




Voici la Castle Valley dans toute sa splendeur, c'est aussi une ville, située à environ 20 miles de Moab, dans laquelle habitent moins de 400 personnes.




Une autre photo depuis le Porcupine Rim, que nous allons longer pendant de longs kilomètres. Le point le plus bas de la vallée se trouve à 600 mètres du point le plus haut qui l'entoure. On ne doit pas en être loin ici...




Voici Cooper et son sourire Ultrabrite, notre pote du Marine Corp, qui profite de sa semaine de congés avant de prendre sa 1ère affectation sur la base de Twenty Nine Palms en Californie. Ce sera notre ange gardien de la journée, toujours à attendre que tout le monde arrive pour être sûr de ne perdre personne en route. Il nous aidera sur chacune de nos crevaisons, retrouvant même un bout de plastique de la pompe de Cédric que ce dernier cherchait en vain depuis 20 minutes... Un gars en or, qui va exercer un métier extrêmement dangereux (spécialiste en explosifs et déminage), c'était cool de rouler avec toi Cooper !




Un passage "hike a bike", comme ils disent, où l'on promène son vélo... Cooper est tenté par cette descente, mais il finira heureusement par m'écouter et porter son vélo comme tout le monde, même à pied c'était risqué !

 


On rejoint régulièrement la corniche, c'est toujours l'extase devant le paysage qui s'offre à nous.




Le groupe se rassemble pour une petite pause casse-croute.




Nous comparons nos bronzages de cyclistes, le soleil tape fort !




C'est reparti, sur un terrain toujours aussi varié, qui passe du single-track technique au double-track rocailleux, avec quelques passages occasionnels sur du slickrock.




Comme ici, une énorme dalle de slickrock où la direction à suivre est indiquée par des marques de peinture.




Ca n'en finit pas, des kilomètres et des kilomètres de chemins à profil descendant, techniques et variés, et pas une habitation à la ronde...




Lorsque l'on prend le temps de freiner la cadence, et de regarder autour de soi, voici ce que l'on peut trouver :








Celui-ci a du trainer un peu trop dans les mines désaffectées d'uranium qui parsèment la région de Moab :

 


Nous venons de finir une partie en double-track ouverte aux 4x4, dommage que nous n'en n'ayons pas croisé un seul, ça aurait pu être assez spectaculaire par endroit ! A partir de ce panneau, le double-track se transforme en single-track réservé aux 2 roues, jusqu'à la route qui longe le Colorado.




Le genre de panneau qui vous donne des fourmis dans les mollets !

Le fleuve Colorado fait son apparition, nous allons le longer jusqu'à l'arrivée, à flanc de falaise.




Dans cette partie, il faut rester vigilant, car des pierres coupantes débordent souvent sur le chemin et ne demandent qu'à lacérer nos pneus ou bousiller le dérailleur arrière.




Dans les 5 derniers kilomètres, Cédric nous fait sa 2ème crevaison. A force de prendre des photos, nous sommes en queue de peloton et les ricains ont pris de l'avance. Cédric commence à réparer, mais laisse échapper un bout de plastique de sa pompe qui la rend inopérante ! Comme nous avons pris la mauvaise décision (à éviter !) de ne prendre qu'une pompe pour 2, il se retrouve coincé avec son pneu à plat... Après avoir retourné en vain tous les cailloux dans un rayon de 2 mètres, je décide de partir en avant chercher de l'aide. En fait, 300 mètres plus loin, juste derrière un virage, Cooper nous attendait, il commençait d'ailleurs à venir à notre rencontre. Non seulement il réparera le pneu avec sa pompe, mais il retrouvera juste après le bout de plastique d'un seul regard !!!




C'est bientôt fini, le Colorado se rapproche de plus en plus.




Le single-track se termine sur la route qui longe le fleuve Colorado, il reste ensuite une dizaine de kilomètres à parcourir sur le bitume avant de rejoindre Moab. Les jambes sont lourdes, le soleil tape toujours autant, je salive à l'idée d'un Coca bien frais...

 


Le soir, nous retrouvons Sean et Cooper au restaurant "The Moab Brewery". Sean est passé chercher Cooper à son camping, il l'a retrouvé endormi dans son pick-up ! Les derniers kilomètres de route avec son vélo de descente l'avaient bien achevé ;-). Une soirée trés sympathique où l'on raconte nos exploits à Sean, et que nous finirons au cinéma sur l'invitation de Cooper. Au programme : le dernier avatar d'Indiana Jones, qui cherche des crânes de cristal cette fois-ci.
Sean and Cooper, I am looking forward to riding  with you again ! Enjoy life and take care, guys ;-)

 

Après ces deux journées éprouvantes physiquement (Slickrock + Porcupine), nous prévoyons une journée de repos dans le parc national des Arches, qui se trouve à la sortie nord de Moab. Ensuite, il sera temps de reprendre la route pour retourner dans le Colorado et atteindre Fruita, une petite ville qui fait de plus en plus parler d'elle dans le milieu du VTT, grâce à une bande de potes passionnés de mountain-bike. C'est d'ailleurs une vidéo de Pete Fagerlin tournée là-bas qui m'avait donné l'envie d'organiser ce voyage, ce gars-là devrait être officiellement remercié par les offices de tourisme de tous les coins qu'il visite avec son VTT et sa caméra embarquée, il a largement contribué à faire connaitre des petits joyaux comme Fruita par la qualité de ses vidéos.

Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 20:00

Grasse matinée, petit-déjeuner tardif chez The Pancake Haus (on ne pouvait pas rater ça !), achats dans des bike-shops légendaires (Poison Spider Bicycles), étude des guides et cartes de VTT, sieste digestive dans la chambre climatisée pour éviter la chaleur de la mi-journée, tout cela nous amène en fin d'après-midi, lorsque la température extérieure devient plus supportable. Le programme est établi : ce sera le mondialement réputé Slickrock Bike Trail aujourd'hui, et l'UPS (Upper Porcupine Singletrack) demain.
Ce circuit se trouve dans la Sand Flats Recreation Area, qui contient aussi des circuits ouverts aux motos et 4x4. C'est le royaume du rock crawling, une pratique extrême du 4x4, typiquement américaine, qui consiste à franchir d'énormes obstacles rocheux à vitesse réduite, à l'aide de véhicules hautement modifiés comme celui qu'on peut voir sur cette remorque.




Nous y voici, le fameux Slickrock Bike Trail nous attend. Créé en 1969 par des motards, ce circuit est aujourd'hui exclusivement réservé aux VTT. Pour ne pas se perdre dans cet océan de dunes pétrifiées, des traits blancs peints sur la roche marquent les directions à suivre, réalisant une boucle de 17 km au total avec le Practice Loop, une petite boucle d'entraînement de 3,7 km, en fait un concentré des difficultés à venir.

Cédric n'en mène pas large malgré son air sûr de lui ;-). Auparavant, il a lu les commentaires de mon livre "Moutain Biking Moab", un pavé de 380 pages décrivant en détail les différents circuits de Moab et ses environs. Et c'est vrai qu'il y a de quoi s'inquiéter : "this trail is technically very difficult to extremely dangerous", "you shouldn't be out here unless you are an advanced rider", physically very difficult to abusive", normalement ça doit faire fuir les amateurs !
D'ailleurs, le matin, nous avions croisé un couple de français dont la fille s'était fait une belle croûte au coude ici même... Nous sommes prévenus, la chute est interdite !




"Allez, ne t'inquiète pas Cédric, tout va bien se passer !". (Après le coup de Crested Butte, il commence à se méfier ;-))




Il n'y a plus qu'à suivre les tiretés, le jeu consistant à rester le maximum sur le vélo, surtout dans les portions pentues. Au loin, le massif de Manti La Sal, que nous rejoindrons le lendemain.




Ca commence mal...



Mais ça se passe bien dans l'ensemble :

 


Nous croisons d'autres vététistes, toujours trés sympathiques et ouverts à la discussion, trés loins de l'ambiance "course nez dans le guidon" que l'on trouve souvent sur les randonnées chez nous. Ici, c'est le fun et la convivialité qui priment, le même esprit qui régnait au début du VTT (paraît-il).




Du slickrock à perte de vue, des surprises à chaque virages, comme de gros dévers sur la tranche du pneu, des figures impossibles sur tout autre revêtement.




La plus grosse côte du circuit si mes souvenirs sont bons. Les traces de chaussures et de pédales sur le rocher nous prouvent que beaucoup de vététistes ont du embrasser le slickrock à cet endroit. Une vidéo sur internet montrant un vététiste allant jusqu'au bout m'incite à essayer, mais je ne ferai pas plus de 3-4 mètres avec l'élan !




"On est quand même mieux ici qu'au bureau" semble se dire Cédric. Je suis d'accord !




Cherchez bien, vous verrez un vététiste...




Par endroits, nous apercevons la ville de Moab en contrebas :




Il y a également des vues magnifiques et reposantes sur le fleuve Colorado, à éviter lorsque l'on est sujet au vertige...




Ici notamment, la falaise est à pic, et il y a du gaz ! C'est à cet endroit propice au recueil devant les beautés de la nature que nous rencontrons Cooper et Sean, dont je vous reparlerai plus loin, 2 jeunes américains qui ferait réfléchir n'importe quel anti-américain primaire sur sa vision des Etats-Unis déformée par les médias, tellement ils sont sympas.




Quelques portions sablonneuses se faufilent entre les cactus, j'aurai d'ailleurs ma 1ère crevaison juste en arrivant sur le parking, d'autres suivront...




Le soleil couchant fait ressortir la couleur orangée de la roche, qui contient des extraits ferreux, d'après ce qu'il m'a semblé comprendre en feuilletant un bouquin de géologie au Visitors Center. C'est l'oxydation de ces particules métalliques qui donne cette couleur.




Au milieu, c'est moi avec Cooper et Sean qui finissent le parcours avec nous. Cooper roule sur un lourd VTT de descente équipé de pneus énormes, au moins du 2,5 pouces. Ce garçon a une santé de fer, normal, il vient d'achever sa formation de Marines, qui durait 1 an.




La boucle est bouclée, il ne reste plus qu'à rejoindre le parking du trailhead. Le circuit peut se faire dans les 2 sens, l'un étant a priori plus facile ("easier") que l'autre ("harder"). Modestes, nous nous sommes contentés de la version plus facile. On pense déja au prochain voyage, où l'on tentera la "harder".




Sur le retour, on aperçoit un Hummer aménagé avec des banquettes pour promener les touristes. Ils nous encouragent dans une grosse descente, on discute avec eux, c'est à celui qui vient de l'Etat le plus lointain. Je les nargue un peu en expliquant notre présence par la faiblesse du dollar face à l'euro, chacun son tour ! 15 ans auparavant, avec un budget d'étudiant, je m'étais rendu aux Etats-Unis avec le dollar à 8-9 francs, ça change la donne...




De retour sur le parking, nous convenons avec Sean et Cooper de nous retrouver le soir même à la Moab Brewery, un bar qui fabrique sa propre bière. Je leur ai proposé de partager la navette du lendemain avec nous, ce qui emballe Cooper quand je lui explique que cette navette nous déposera à 3000 mètres d'altitude, nous offrant ainsi 4-5 heures de descente jusqu'à Moab. Sean travaille normalement, mais il va essayer de se libérer.




Une fois de plus, nous finissons au coucher de soleil, fourbus mais contents. A droite, le pick-up de Cooper qui traverse les Etats-Unis d'est en ouest pour sa rejoindre sa base d'affectation, 29 Palms, en Californie. Il fait le trajet en une semaine, avec 2 escales : Moab et Zion National Park. Dans la benne, en plus de son VTT et celui de Sean, un vélo de route et une planche de surf, il tire également une remorque qu'il a laissé au camping.




Avant de quitter la Sand Flats Recreation Area, une petite photo d'un site que les amateurs de 4x4 reconnaitront : le fameux Lion's Back, le dos du lion, sur la gauche. Etroit et pentu, il faut d'abord monter jusqu'au sommet, faire demi-tour sur une largeur ridicule, avec le vide sur les côtés, et redescendre. Là encore, sujets au vertige, s'abstenir !




Le soir, nous retrouvons Cooper et Sean comme prévu, à la Moab Brewery. Les 2 jeunes américains se sont rencontrés le matin même en allant à la messe et ont sympathisé. Sean n'est pas originaire de Moab, il s'y est installé récemment et souhaite faire son trou dans la construction immobilière. C'est la première fois que nous avons l'occasion de discuter longuement avec des américains, et ces deux-là sont vraiment sympas. Grâce à leurs portables, nous réservons nos places pour la navette du lendemain, départ prévu à 8h00. En tant que seul local du groupe, Sean tient à nous inviter, j'accepte à condition de lui rendre la pareille le lendemain. En attendant, j'ai un pneu à réparer...

Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 20:00


Nous quittons Durango pour Telluride, station de ski proche de Silverton à vol d'oiseau,
distante par la route, qui doit proposer de chouettes parcours en été, mais qui sera probablement dans la même situation que la plupart des stations de ski du Colorado : en attente que la neige fonde sur les hauteurs. On verra bien sur place, mais vous devinez la suite, avec le titre de cet article...
Sur la route, nous faisons une pause déjeuner dans une petite ville du nom de Mancos : 1200 habitants d'après le recensement de 2000, mais des rues toujours aussi larges, même si elles ne sont pas toutes goudronnées.




Dans quel film ais-je déja vu ce genre de ferme ? Le 1er Superman, ça j'en suis sûr ! Il doit y avoir une éolienne derrière pour que le tableau soit complet.




Nous sommes arrivés à Telluride, une visite rapide au Visitors Center confirme mes craintes : il reste beaucoup de neige sur les trails, et d'autre part c'est trés venteux aujourd'hui, au point que la ville a du annuler un rassemblement de mongolfières. Dommage pour nous, mais nous allons quand même marcher un peu dans cette ville et acheter un ou deux t-shirts, avant de reprendre la route pour Moab, ce qui nous fera 640 kilomètres au total pour cette journée !
Ma 1ère photo de Telluride sera pour cette plaque dont j'apprécie le message :




Telluride est située dans un "box-canyon", un canyon avec une seule entrée et pas de sortie de l'autre côté, d'où son isolement. En réalité, il existe 2 autres accès, Imogene Pass et Black Bear Pass, réservés aux 4x4, le second étant à sens unique et réputé comme le col le plus dangereux du Colorado... Nous, on reste bien tranquille sur Main Street :




Le nom de la ville proviendrait de l'élément chimique tellurium, qui en fait ne fut jamais trouvé dans les montagnes environnantes. Par contre, de l'or fut découvert en 1858, ce qui allait mener à la création de la ville 20 ans plus tard.
Il existe une autre version pour le nom de la ville : "to hell you ride", on ne pourra pas le vérifier hélas.
Certaines rues n'ont pas beaucoup changé depuis l'époque minière, à part le goudron :






Par contre, le parking/toilettes pour chiens (puppy) doit être plus récent, à mon avis. Attention ! 30 minutes maxi pour faire sa crotte, le toutou !




Le véhicule idéal pour la contrée (en toute objectivité) :




Nous quittons Telluride, en admirant quelques chalets à la sortie de la ville.




Peu de circulation, les "villes" sont assez éloignées les unes des autres.




Par contre, beaucoup de dépotoirs, comment appeler cela autrement, à intervalles réguliers. Cédric rêve de vieilles américaines à retaper, comme celles que l'on aperçoit en état de décrépitude avancée dans ces endroits écologiquement incorrects :




Au loin, le massif de Manti La Sal, que l'on aperçoit également à Moab, mais depuis l'autre côté.




Le paysage devient plus aride, les premières mesas apparaissent. Une "mesa", table en espagnol, est une élévation de terre dont le dessus est plat et les côtés constitués de falaises.




Au revoir le Colorado,




Bonjour l'Utah !




Le slick rock, "rocher glissant", appelé ainsi car les chevaux ferrés des cow-boys glissaient dessus, est une des attractions de Moab et ses environs. Aujourd'hui, pour les pneus des VTT, motos, quads et 4x4, c'est plutôt le rocher qui agrippe, car sa surface comparable à du papier abrasif autorise des pourcentages de montée inimaginables sur d'autres terrains. A condition que les jambes suivent en ce qui concerne le VTT...




Pas loin de Moab, dans les années 40, Albert Christensen et sa femme ont creusé leur maison de 14 pièces dans du slick rock, qu'ils ont baptisée Hole n' the rock, le trou dans le rocher. De nos jours, c'est un musée, avec aire de pique-nique et boutiques touristiques.




Arrivés vers 18h00 à Moab, nous avons juste le temps d'aller au Visitors Center avant la fermeture, afin d'y acheter une carte des chemins. Comme d'habitude trés gentils et serviables, les gens qui travaillent dans ces Visitors Centers nous dénichent un motel pas cher à un bloc de là, le Rustic Inn, ils me prètent même leur téléphone pour la réservation. Avant de partir, une dame nous suggère de nous rendre à la radio. Devant nos airs interloqués, voire ahuris, elle répète calmement sa phrase, en fait elle parlait d'un rodéo... Excellente idée, nous avons juste le temps de poser nos valises et vélos dans la chambre du motel avant de nous rendre au Old Spanish Trail Arena, où se tient le rodéo.




Comme souvent aux Etats-Unis, tout évènement commence par l'hymne national chanté a capella, l'audience debout :




Au même moment, une jeune cavalière fait le tour du terrain avec la bannière étoilée, pas un bruit dans la salle à part la chanteuse.




Un cheval patriotique :




La 1ère épreuve est le classique rodéo à cheval, chronométrée. La plupart des cow-boys retombent incroyablement sur leurs pieds à l'issue de leurs vols planés, de vrais chats !



Ce cheval a l'air trés énervé :




Pauvres bisons, ce cow-boy ne les laissera pas tranquilles tant qu'ils ne seront pas montés sur le toit de sa remorque !




A force de claquements de fouet, il parvient à ses fins...




On a droit à un peu d'acrobatie ! Après que les bisons soient descendus, le cheval et son cavalier effectueront une rotation complète sur le toit étroit de la remorque en mouvement. C'était bien plus spectaculaire à mon avis, une superbe maitrise de la part des 2 équipiers.




Les jeunes cavalières nous épateront également par leur vitesse dans la discipline "girls barrel racing", un parcours chronométré autour de 3 tonneaux :




Impressionnants par leur masse, mais moins vifs que les chevaux, les taureaux sont le clou du spectacle :




Le plus rigolo, c'est sans conteste le "mutton riding", où des enfants d'à peine 2-3 ans, coiffés d'un mini casque de footballeur américain et équipés d'une protection dorsale, tentent de parcourir la plus longue distance à dos de mouton, aggrippés à leur poils ! Pas de photos, j'ai préféré les filmer. Quelque chose nous a étonné durant ce show : le déplacement continuel des spectateurs pour se ravitailler en boissons, hot-dogs, frites, certains se levant 3-4 fois !
Une super soirée pour nous, mais vivement demain, le slick rock nous appelle...

Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 11:17

Aujourd'hui, nous allons tenter le Hermosa Creek Trail, un single-track longeant la rivière Hermosa, comme son nom l'indique, qui est un peu le fleuron de Durango. Il existe des services de navettes payantes, qui déposent les vététistes au north trailhead pour la modique somme de 20 dollars, car le chemin est plus descendant dans le sens nord-sud, paraît-il… Dans le magasin "Mountain Bike Specialist" de Durango, une employée nous recommande de faire l'aller et retour depuis le south trailhead, la navette c'est pour les touristes ! OK, nous sommes là pour ça, même si notre départ prévu aux environs de 12h30 semble l'inquiéter quelque peu… Sur le papier, ça a l'air faisable, alors direction le petit-déjeuner tardif afin de prendre des forces !

 

Pour changer des pancakes, nous décidons de prendre un petit-déjeuner salé : des œufs, des pommes de terre, du bacon, du "sausage"… Justement, nous tombons sur une gargotte toute en longueur dont l'entrée discrète semble la réserver aux locaux qui connaissent. On va surement se régaler !

 


Cédric a l'air satisfait, je n'ai même pas eu le temps de photographier son assiette pleine… Finalement, du moment que l'on ne se lève pas trop tôt, ça passe bien ces petit-déjeuners salés.



Trêve de gavage, une dure après-midi nous attend. Tout est bien organisé comme d'habitude, avec parkings spacieux, site de camping, toilettes… A droite de notre Dodge Durango (maintenant vous savez d'où vient son nom !) sont garées des remorques à chevaux, car le chemin est à usage multiple. Le temps est au beau fixe, ça change de Silverton.



On commence par une légère montée en sous-bois pour s’échauffer.



Sur cette photo, vous avez un bon aperçu de la configuration de ce parcours la majeure partie du temps : la montagne d'un côté du single-track, la rivière de l'autre, avec des parties où le chemin sera beaucoup plus étroit que ci-dessous.



Finalement, ça ne monte pas tant que ça, c'est presque du faux-plat ! (Hélas, ça ne durera pas...)



Au début, on ne longe qu'un petit ruisseau, il faut attendre un peu avant d'apercevoir la rivière Hermosa dans toute sa vigueur (merci la fonte des neiges !).



Par endroits, il vaut mieux ne pas se rater dans les virages, sinon c'est tout droit dans la flotte, quelques mètres plus bas.



Et au milieu coule une rivière, comme diraient Robert et Brad...



Il ne manque plus que la cabane en rondins et les indiens pour se prendre pour Jeremiah :



On traverse des parties brûlées, probablement à cause de la foudre ? L'arbre sur la gauche semble avoir reçu un impact de plein fouet, qui l'a brisé en deux. On comprend mieux pourquoi les locaux recommandent de ne pas faire le circuit si le temps est menaçant...



A part deux cavaliers et quatre chevaux (un de rechange par cavalier, comme au bon vieux temps du Far-West !), nous ne croiserons qu'un seul vététiste durant cette rando qui va durer pas loin de 7 heures au total. Pour une fois qu'on ne se fait pas dépasser par un missile, on a presque l'impression de devenir bon !



La rivière Hermosa, gonflée par la fonte des neiges, émet un bruit assourdissant en contrebas, je m'attend à y voir des kayakistes à chaque instant tellement les conditions ont l'air idéales pour ce sport.



Les américains sont les rois du panneautage, ils adorent ça ! La carte sert juste à savoir où nous nous trouvons, mais aucun risque de s'égarer.



Quelques passages techniques s'intercalent entre les parties roulantes :



Régulièrement, il nous faut traverser des "gulch", petits ravins drainants qui alimentent la rivière Hermosa plus bas, où 2 méthodes s'opposent : celle de Cédric qui traverse pieds nus afin de garder ses chaussures sèches, archi sèches, et la mienne, moins fine, sur le vélo. De toutes façons, il finira les chaussures trempés lui aussi...



Quel plaisir de rouler au milieu des fleurs !




Voilà ce que ça donne en gros plan :



Mais aussi :




Voilà ce que j'appelle un beau single-track ! Vous ne voyez que des montées, car les descentes se font à bon train, mais n'oubliez pas que nous faisons l'aller-retour sur le même chemin.

Cédric pensif devant les flots tumultueux de la rivière Hermosa :



Encore un vététiste qui a négligé son hydratation ...



Nous tombons sur des formations rocheuses étonnantes, que l'on dirait façonnées par la main de l'homme, mais tout est naturel !


Etonnant, n'est-ce pas ?



Même les Allemands n'ont pas réussi à faire d'aussi beaux blockhaus :



Ici, le chemin a été emporté par les eaux, je vous avais bien dit que Cédric finirait par mouiller ses pompes lui aussi ;-).



Un peu plus loin, le single-track se transforme en double-track étroit, c'est-à-dire en chemin emprunté par les ATV (All Terrain Vehicle), les quads en bon français.



Ce n'est pas notre route, heureusement car le pont a disparu ! Quelques centaines de mètres plus loin, le chemin devient moins intéressant, conformément à ce que l'on nous avait montré sur la carte. C'est là que nous ferons demi-tour, en évitant les derniers kilomètres jusqu'au North Trailhead qui présentent moins d'intérêt, et puis ça fait bien 4 heures que nous roulons, il faut penser au retour.



Le retour justement ! C'est un peu plus descendant, d'accord, mais pas tant que ça ! Et surtout, une méga-côte interminable, sur la fin, qu'on a descendu comme des V2 à l'aller, nous prendra nos dernières forces... Nous finirons usés jusqu'à la corde, mais heureux, c'est ça le VTT ! Allez, on remballe tout, et demain, direction Moab et son slickrock !

Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 05:52
Après avoir mangé hier soir un cheese burger classique au Handlebar Restaurant, nous jetons notre dévolu sur le Brown Bear Cafe, pour le super petit-déjeuner.



L'annonce "Now serving breakfast" et le cadre pittoresque de ce café nous rassurent, la suite va confirmer notre bonne impression du départ ! Cédric compte ses dollars, va-t'il pouvoir se payer un stack de pancakes ???



Allez, je ne fais pas durer plus longtemps le suspense, surtout que la commande a été instantanée lorsque nous avons vu à l'entrée un panneau indiquant la spécialité du jour : des "strawberries pancakes", mais oui des pancakes aux fraises ! Je peux vous dire la main sur le coeur que ce sont les meilleures pancakes que j'ai jamais dégustés, avec de vrais morceaux de fruits dedans... Craignant des fraises OGM sans goût, Cédric prend soin de bien assaisonner ses pancakes avec un demi litre de sirop d'érable, précaution inutile car les fraises étaient bien goûteuses, miam !



Un sacré coup de fourchette le Cédric, il m'étonnera plus d'une fois !



Je suis tombé en admiration devant ce magnifique poêle à bois qui ne sert pas qu'à décorer :



Avant de quitter Silverton, une petite visite en voiture s'impose, qui amènera son lot de surprises. D'abord, seules deux rues sont goudronnées, la principale et une autre parallèle à cette dernière :



Les autres rues sont simplement recouvertes de gravier, de terre ou d'herbe :



En ce qui concerne les logements, on trouve de tout, du mobile-home décrépi...



... à des maisons plus cossues en bois ...



... en passant par des cabanons de jardins améliorés ...



... et des maisonnettes rappelant le style Far-West :



Les commerces ne misent pas tout sur une devanture attrayante, il doit y avoir une clientèle d'habitués :



Silverton fut une ville typique de l'Ouest, comme en témoigne certains bâtiments encore debouts ou habilement restaurés :


J'allais oublier notre motel, le Canyon View Motel, rustique de l'extérieur, confortable et moderne à l'intérieur.



Au hasard des rues, nous tombons sur des antiquités, plus ou moins entretenues :









Durango et ses single-tracks nous attendent, bye-bye Silverton.



Toujours beaucoup de neige dés que l'on s'élève un peu en altitude.



Durango approche, le blanc cède la place au vert, c'est bon signe !



Le motel ne libère les chambres qu'à partir de 15h, ça nous laisse le temps de bichonner nos montures, qui en ont bien besoin, après la neige de Crested Butte.



Depuis le centre-ville de Durango, on accède au plateau de Fort-Lewis par un single-track en lacets qui va mettre nos poumons à l'épreuve. Mais la vue sur Durango méritait bien ça :



Un peu plus loin se trouve le Horse Gulch trail system, un terrain de jeu naturel pour le VTT, avec là encore de belles montées entre les cailloux :



Je vous ai déja dit que ça grimpait ? Heureusement que les pneus adhèrent bien au rocher...



Un dernier effort avant le point de vue !



Parfois, il faut en plus jongler entre les dalles rocheuses, ça promet une descente d'enfer ...


Attention à ne pas mettre ses pneus sur les cactus qui longent le chemin, ça coûterait cher en rustines !



Les arbustes en fleurs sont prétextes à de nombreuses pauses photographiques, heureusement qu'ils sont là !



Objectif atteint, une vue panoramique sur Fort-Lewis et Durango en contre-bas, par un magnifique soleil de fin d'après-midi.



Après une pause respiratoire au sommet, la descente s'effectuera sans temps mort, ça va beaucoup plus vite dans ce sens... Tout cela n'était qu'échauffement préparatoire avant le défi de demain : réaliser le Hermosa Creek Trail aller et retour, sans utiliser les services de navettes afin d'économiser 20 dollars (c'est toujours ça de plus en pancakes).


Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 09:45
Pas de VTT aujourd'hui, nous nous octroyons une journée de repos agrémentée de la visite d'un parc national, "the Black Canyon of the Gunnison River", le canyon noir de la rivière Gunnison, appelé ainsi à cause de la couleur sombre de ses parois.



D'après le guide Lonely Planet, "aucun autre canyon américain ne possède à la fois l'ouverture restreinte, les parois abruptes et la profondeur vertigineuse du Black Canyon". Cette profondeur peut atteindre jusqu'à 600 mètres ! En modèle réduit, voila ce que ça donne :



Ce parc se visite en voiture et à pied, par le nord ou par le sud. Nous suivrons la route du sud, "the South Rim", qui propose 11 points de vue sur ses 9,5 kilomètres. A chaque point de vue, on se gare, on marche un peu et on atteint un point de vue, comme celui-ci :



Ouh là là ! C'est haut !



Gosh, that's high !



Voici enfin quelques photos de ce canyon :







Cette partie est appelée "Painted Wall", le mur peint, vous devinez pourquoi :



Dans toute cette grisaille (même le temps n'était pas fameux ce jour), quelques notes de couleurs le long des chemins d'accès aux points de vue :









En ce qui concerne les arbres, on rencontre essentiellement des "Junipers", qui malgré leur aspect desséché, sont bel et bien vivants.



C'est encore plus saisissant de près :



Comme dans tout parc qui se respecte, des pancartes nous éduquent au long de la visite :



Il est temps de reprendre la route, direction Silverton, petite ville minière nichée dans une vallée au sein des Rocheuses. Plus on monte, plus le temps se gâte...



Voilà la neige maintenant !



Passage du col de la Montagne Rouge, à 3358 mètres d'altitude, sous une bourrasque de neige.



Nous arrivons enfin à Silverton ... sous la pluie ! Bon, nous ne ferons pas de vieux os dans le coin, il y fait à peine 5 °C, et les chemins sont encore sous la neige. D'ailleurs, il parait qu'il peut y neiger 10 mois sur 12 ! Le gérant de notre motel habite avec sa femme à 8 miles de là, dans une "ghost town", une ville fantôme, qu'ils partagent avec une seule autre famille. Il faut aimer la solitude ! Pour nous, demain, ce sera direction Durango, plus basse et plus chaude, et trés réputée dans le domaine du VTT. Nous prendrons quand même le temps de prendre un bon gueuleton dans un restaurant réputé...


Par Alex - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'Ouest Américain
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